Les menaces sécuritaires transfrontalières que représentent les groupes terroristes au Sahel et en Afrique exigent une réponse articulée autour des fondamentaux que sont : engagement, leadership, vision et résilience (Atlantic Dialogues, Marrakech)

Les menaces sécuritaires transnationales et multiples, que représentent les groupes terroristes tels que Daesh et Boko Haram au Sahel et en Afrique « exigent une réponse coordonnée, articulée autour des éléments fondamentaux que sont « engagement, leadership, vision et résilience » estime Youssef Amrani, qui prenait part à un panel sur la sécurité au Sahel et les relations transatlantiques, vendredi 15 décembre 2017 à Marrakech . 

« Ces éléments essentiels et indissociables doivent impérativement être au centre de l’action afin de relever les différents défis communs, alors que nous faisons face à une réalité où le Maghreb, le Machrek et l’Europe sont interconnectés du fait de l’indivisibilité de la sécurité » a souligné M. Amrani.

M. Amrani a également évoqué la communauté atlantique latino-américaine qui est « confrontée à des menaces multiformes communes, mettant en avant la nécessité pour les différents acteurs agissant dans cet ensemble géographique, de travailler collectivement, dans le cadre d’une coopération renforcée et symétrique, afin de promouvoir la paix, la sécurité et le développement ».

Selon lui « cela devrait être une priorité majeure, d’autant plus qu’après leur défaite en Syrie et en Irak, Daesh et les autres groupuscules affiliés, recherchent des zones de repli facilement manipulables, afin de poursuivre leur propagande haineuse et leur idéologie radicale ».

Et d’ajouter que « la région du Sahel et la Libye, plus particulièrement, sont toujours vulnérables à l’activisme des groupes terroristes, attirés par le vacuum politique et institutionnel, qui caractérise les états faillis  » et d’insister « sur l’impératif pour la communauté internationale de travailler dans un cadre de coopération concerté et renouvelé, notamment pour la résolution de la crise libyenne ».

Dans ce contexte, il n’a pas manqué de dénoncer les pratiques abjectes esclavagistes en cours contre les migrants, menées par les groupes terroristes en Libye.

Aussi M.Amrani, n’a pas manqué de rappeler le message de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au sommet UA-UE dans lequel le Souverain a rappelé que «le Maroc a développé une approche introspective de la question migratoire, qu’il conçoit de manière inclusive et positive», notant que « la politique migratoire du Maroc, à forte dimension humaine et solidaire, a pour objectif l’intégration réussie à tous les niveaux des migrants et réfugiés, dans la société marocaine » .

S’agissant du G5 Sahel, cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politique de développement et de sécurité, M. Amrani a considéré que « cette initiative constituait une bonne réponse aux menaces sécuritaires dans la région » soulignant que « cela constituait un signal fort de la part des pays sahéliens qui ont décidé d’unir et de mutualiser leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée ». Une initiative, a t’il rappelé « qui s’inscrit dans le prolongement des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ».

Dans un contexte géostratégique plus large, M. Amrani a déploré le manque d’intégration régionale qui aujourd’hui pénalise les pays Maghreb, faisant observer que si cet ensemble régional stratégique étaient uni dans un cadre intégré et harmonieux, cela aurait sans doute faciliter dans un esprit de paix et de responsabilité la résolution de la crise libyenne sur la base de l’accord de Skhirat».

Pour M. Amrani « outre la dimension sécuritaire qui est fondamentale, la lutte anti-terroriste exige la combinaison de deux autres dimensions indissociables à savoir le politique et le développement ».

Dans la même veine, il a ajouté que « la déconstruction du discours extrémiste et radical bien qu’importante, demeure insuffisante, dans la mesure où il faut opposer à cette minorité qui veut prendre en otage la religion et ses préceptes, une approche holistique qui va de l’éducation de l’individu et son épanouissement intellectuel et spirituel, à son évolution socio-économique au sein de la société ».

Et de rappeler que « le Maroc a d’ailleurs très tôt pris les devants en initiant sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi, une réforme du champ religieux, pour la consécration des fondements doctrinaux du Maroc tout en ancrant le Royaume dans son identité authentique qui porte le sceau de la pondération, la modération et la tolérance.

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