Le Maroc assume pleinement sa responsabilité dans le domaine de la migration en favorisant l’intégration socio-économique durable des migrants en situation de vulnérabilité ( Fondation Tallberg, Tanger )

La politique migratoire du Maroc, impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 2013, a permis de déconstruire les préjugés et les stéréotypes qui ignorent les besoins légitimes des migrants, a souligné vendredi 11 mai 2018 à Tanger, Youssef Amrani, chargé de mission au Cabinet Royal.

Intervenant dans le cadre d’une conférence organisée par la «Foundation Tallberg», lors d’un panel intitulé «Le Maroc et l’Espagne : partenariat d’exception et futures implications» aux côtés de M. Miguel Angel Moratinos, ancien ministre des Affaires étrangères espagnol, M. Amrani a relevé que le Processus de Rabat initié en 2006 a su anticiper les défis complexes liés à la migration, et ce en préconisant une gouvernance nouvelle pour renouveler le dialogue euro-africain sur la migration.

Ainsi, 12 ans après son lancement, ce Processus, initié par MM. Amrani et Moratinos, est toujours d’actualité et constitue un cadre pertinent et pragmatique pour poursuivre le dialogue sur la migration, a-t-il indiqué, notant que la Conférence de Rabat tenue en juillet 2006 et le Processus de Rabat qui s’en est suivi ont «su anticiper les défis complexes et multiples liés à la migration entre les deux rives, en préconisant une approche globale, concertée et intégrée».

Le Maroc et l’Espagne ont été les précurseurs dans la gestion concertée des flux migratoires grâce à une vision nouvelle pour la migration, et ce dans le cadre d’une appropriation commune» qui a surtout su «transformer une crise en opportunité pour tous les pays qu’ils soient d’origine, de transit ou de destination», a souligné de son côté M. Moratinos.

À cet égard, MM. Amrani et Moratinos ont mis l’accent sur «l’importance d’une coopération soutenue et permanente entre le Maroc et l’Espagne et plus largement entre les pays du Processus de Rabat sur la question migratoire, car il s’agit d’une question de co-responsabilité partagée, par l’ensemble des pays de la route migratoire». Une coopération, selon eux, «qui ne saurait répondre seulement aux urgences humanitaires, mais qui intègre dans une approche commune et multidimensionnelle la triple dimension : sécurité, développement et dignité humaine».

Outre la maîtrise des flux migratoires, les deux responsables ont rappelé que la question migratoire «nécessite une meilleure compréhension des causes profondes des différentes dynamiques migratoires, telles que le changement climatique, les conflits et l’insécurité», soulignant que «l’actuelle crise des réfugiés partout dans le monde est source de profondes transformations socio-économiques, dans les pays d’origine de transit et de destination».

Pour M. Amrani, l’histoire de la migration, et des migrants en particulier, révèle le visage humain de ce phénomène global, ajoutant que «la politique migratoire du Maroc, impulsée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 2013, a permis, justement, de délégitimer les préjugés et de déconstruire les stéréotypes qui ignorent les besoins légitimes des migrants». Ainsi, «depuis 5 années, le Maroc assume pleinement sa responsabilité dans le domaine de la migration en favorisant l’intégration socioéconomique durable des migrants en situation de vulnérabilité», et ce «en opérant deux grandes opérations de régularisation de migrants irréguliers et de demandeurs d’asile».

Par ailleurs, M. Amrani a ajouté que «la migration est une question globale, liée à la gouvernance intrarégionale, intracontinentale et mondiale», relevant que «le Maroc a su créer cette cohésion fondamentale entre la politique migratoire nationale et les normes internationales en matière de lois d’immigration et d’asile».

Selon lui, c’est dans la suite logique et naturelle du dialogue initié entre l’Afrique et l’Europe que l’engagement du Royaume sur la question migratoire se concrétisera avec l’organisation en décembre 2018 de la Conférence internationale sur la migration au cours de laquelle sera adoptée le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, outre la cinquième conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement organisée récemment à Marrakech.

Et de conclure que «le mandat de leader de l’Union africaine sur la question migratoire, confié à Sa Majesté le Roi, témoigne du rôle majeur et novateur joué par le Maroc dans la migration, en en faisant un véritable levier de co-développement, d’opportunités et de solidarité, au service du continent».

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